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Thème 1
PETITE ENFANCE et ACQUIS COMMUNS
CROISSANCE et EDUCATION
Thème 1 : LA PETITE ENFANCE
Cahier
N°1
Savoir vivre notre situation dans l’espace
Quelle est notre situation ?
Soyons concrets : savoir vivre, cela s’apprend. Mais
comment ? Comment être au clair sur notre projet
scolaire d'élever la qualité des capacités et de
comportements de nos petits enfants ? Comment les aider au fil
des années à GRANDIR EN HUMANITE ensemble et par
eux-mêmes ? Comment ordonner nos pratiques
actives à ce premier objectif : celui de
VIVRE ? C'est toute la question de l'enseignement et de
l'éducation pour cette phase de croissance.
L'expérience est porteuse de sens de la vie.
La vie humaine qui va naître et , de ce fait, passe par une
prise de distance qui le distingue de ce qui
l'entoure, repose sur une mise en place de l'organisme du petit
enfant l'espace au milieu de vivants, animaux et personnes,
et de choses. Toute sa vie dépend de
médiations internes et organiques, de présences et
d’outils. Nos vies humaines relèvent en fait de
réalités intérieures et extérieures
qui nous font d'abord communiquer intimement
avec les personnes de la mère et du père, avec des
adultes, des enfants, et avec des choses aussi.
Nous agissons donc à titre de relais et de
croissance de l'espace familial, relais local
institué ici par l'école. Les
éléments de cet apprentissage sont : le cadre physique et
les intentions de l'institution, l'expérience et la prise de
conscience de l'espace, les relations qu'on y développe,
les capacités et les comportements qu'on y pratique, les
dimensions qu'on y épanouit.
Relations et régulations : "Chaque chose a sa place" Chacun aussi !
* En classe nous sommes, enseignants et élèves,
situés dans la vie pour en prendre les chemins. Comme le montre
le premier texte de ce thème, -"Une demi-journée en
maternelle" -, l'espace est devant nous, sous nos yeux.
Nous pouvons ensemble prendre place dans ce
périmètre limité et donc tout proche :
- en repérer les ressources et d'abord identifier et
nommer les étendues où nous pouvons nous mouvoir, les
voies de passage et les localisations ;
- indiquer le sens de leur usage, le rapport de lieu et de raison
d’y être, ceux de réponses et d'entretien qu'il nous
revient d'assumer à notre mesure,
- mettre chacun assez en confiance pour s'y trouver bien.
Comment y penser nos vies sinon à partir de ce
que captent et acheminent les systèmes organiques de nos sens et
de nos mouvements afin de les aménager et d’ y
grandir ? Par quoi ? D'abord par la relation à soi qui se
construit à la fois dans le regard vrai des proches puis, au fil
de la croissance, dans la conscience qu'on acquiert peu à peu de
son identité corporelle, affective, voulue et mise en
image de soi et en acte, c’est – à – dire
vers quatre à cinq ans, selon R. Zazzo.
Cela se prépare… Comment ?
« Par la confiance en soi et dans les autres,
l’activité de la mémoire,
l’éducation de la saisie des perceptions et de la
liberté ». C’est ce que disait une
collègue qui avait une longue expérience. J’ai donc
noté ce qu’elle recommandait :
« Observer et écouter les élèves, collaborer avec les partenaires d'éducation.
Partir de la réalité du milieu où on est en fonction et de ce qui s'y passe.
Etablir des liens avec les personnes et les tâches de l'établissement.
Privilégier l'attention et une forte présence aux
élèves ; penser à ce qu'ils ont déjà
appris et les encourager à en parler, mais sans les flatter.
Dater et noter ces données ; y réfléchir et peu
à peu évoluer dans ce qu'on peut faire.
Comment maintenant comment le faire ensemble ? ».
Nos problèmes actuels concernent l’éducation
en classe maternelle aussi bien que les concertations
internationales pour l’économie ou l’immigration.
Commençons donc par le commencement ! Le cadre
familial a été et reste le milieu fondamental
du développement de nos « outillages
organiques », de nos relations et de nos
ressources culturelles.
A la petite école aussi nous avons le souci de cultiver ensemble
nos capacités et comportements. Le milieu scolaire
peut actuellement y contribuer par délégation ou
suppléance parentale mais dans un autre style, moins affectif
mais riche d’attention, de prise d’habitudes : bien
faire ce qu’on fait à chaque niveau prépare
à la qualité professionnelle et à
l’emploi. Ne parle – t –on pas, dès le
« socle commun », de compétences,
c’est – dire de connaissances pratiquées
concrètement et sur lesquelles on pourra construire des
diversités coordonnées ?
L’école, ce n’est pas un lieu
d’élevage. C’est là que peuvent grandir
les membres de l’espèce humaine en tant que garçons
ou filles. Cet espace élargi (maison,
établissement, localité, région, pays) est
physique puis corporel. Ils s’y enracinent s’ils y
ont leurs positions, places, rôles et dimensions. Voici
donc un premier récit d'une expérience simple. Il
sera suivi d'une réflexion portant sur le sens des
repères et ressources. Un bref texte de réflexion le suit
et explique comment il peut être lu.
TEXTE 1
(Expérience)
Une demi-journée en moyenne section
PRATIQUES
REPERES
I P-
1,
I R -1,
Un après - midi de Septembre dans une école d'un quartier
de Lyon. Invitée à observer les enfants dans cet espace,
j'y ai beaucoup appris. La maîtresse les y accueillait
tranquillement un à un, puis elle a commencé à
leur faire observer, de leur place, la classe
et la cour de l'école : tables, chaises, fenêtres,
portes, vitres, poignées, cahiers, tableau, images, sol,
plafond, murs, etc. Les enfants se sont déplacés et l'ont
imitée deux à deux : "Comment s'appelle
cela ?", … et ça ?…et ça ? " Puis
chacun a repris sa place tranquillement.
Elle évoqua ensuite les souvenirs d'autres
espaces : maison, gare, marché, boulangerie, etc., et a
demandé : "Dans la maison, qu'est-ce qu'on voit ?"A la gare ?
Devant la boulangerie? Sur le trottoir ?Près de l'école
?"…"En haut de l'immeuble…Au dessus et au dessous des
nuages…etc." Les mains se sont levées, l’une
après l’autre les voix se sont fait entendre et la
maîtresse a écouté et approuvé.
La maîtresse a écrit ensuite au tableau les
prépositions de lieu d'une syllabe, les a
prononcées et fait prononcer par la classe entière puis
épelées et fait épeler. Elle a donc
présenté des images de divers espaces. Elle a
fait appel à leur attention et à leurs expériences
ou observations, puis à leur parole pour décrire
les espaces visités avec des mots justes : noms,
prépositions et adverbes de lieu, verbes d'état et
d'action.
Des feuilles de papier et des crayons de couleur furent
alors distribués par les enfants. Ils se mirent dessiner
ce à quoi ils pensaient. Il se produisait donc pendant ce
silence une vraie assimilation ou représentation
intérieure de leur information.
Passant des uns aux autres, j'ai posé deux types de questions :
qu'est-ce qu'on voit dans une maison ? une rue du quartier ? une
boulangerie ? une gare ? "et, selon les lieux
évoqués par leurs dessins, j'ai demandé :
« qu'est - qu'on y fait ? ». La grande
majorité des petits a évoqué des personnes et des
actions ! Leurs espaces se réfèrent donc à
un sens lié au mouvement, à la perception du milieu
humain et à l'activité. Ils vont à
l'essentiel de l'expérience des espaces, ou
étendues familières à leur âge,
et peuvent les nommer car ils savent de quoi ils parlent.
Dans le cahier de préparation de classe, j'ai vu les
thèmes des leçons du lendemain matin et des jours
suivants : les trajets pour venir en classe, ce qu'on sent,
ce qu'on entend, ce qu'on dit en entrant dans un lieu et en le
quittant. Il s'agirait donc aussi de distinguer et de nommer des
repères.
Les activités prévues passaient des dialogues aux
mimes ou mini - jeux de rôles sur ce qui s'y vivait
et la manière dont on s'y comportait (Voir IP 1, 4). En
fin de semaine, une grande conversation était
prévue : on y évoquerait pourquoi on se
sentait bien à tel ou tel endroit, ce qu'on aimait ou
n'aimait pas. Aux espaces s'ajoutent des valeurs.
Partir du vécu, et partager les informations, amener une
saisie distincte et précise des éléments, et
utiliser les mots justes, faire entendre le vocabulaire de questions et
de réponses portant sur des espaces familiers,
énoncés et répétés, donner du
temps pour y revenir par graphismes ou mimes, éduquer des
comportements justifiés et approuvés.
La maîtresse savait ce qu’elle transmettait et tout le monde était heureux !
Aux étapes suivantes de l'enfance et de l’adolescence
(Thèmes II-V), afin de favoriser la croissance, il faudra
élargir et pratiquer d'autres manières d'entrer en
relation spatiale saine et confiante avec les lieux, les personnes, les
comportements et les objets d'un socle culturel commun.
THEME I
Pratiques I - Ecoles maternelles . (cycle 1 : petite et moyenne sections)
I - But. Apprendre à vivre dans l’espace
1- Des enfants en apprentissages de vie humaine
2 Connaître nos programmes 2006-2007
3 - Eduquer les mouvements
4 – Tenir compte de la mémoire à long terme
1 - Des enfants en apprentissages de vie humaine
L’expérience de l’espace par tout enfant se
fait d’abord dans le corps de sa maman en milieu fluide avant la
naissance, puis sur un espace solide : celui des bras de ses
parents et sur son lit ! Vers 4 mois, ce petit vivant
défie, du dedans, la loi de la pesanteur : il se redresse,
s’assoit, rampe et exerce sa propension à
l’expansion, à l’exploration : soutenu par le
regard de son papa tout proche, il se lance à marcher puis
à se tenir debout ; cette action le satisfait.(Cf. la
bipédie ancestrale, au Repère I R - 1,5, et
la revue Historia, Août 2006, p.63 ).
Des pieds au port de tête et aux mains, nous avons
des bases et des objectifs pour viser une éducation
humaine. Leur but est commun : mouvement, marche et posture
verticale. Le regard, les mains, les gestes constituent eux
aussi les éléments visibles de notre relation
à l’espace et cela depuis des milliers
d’années (Voir en N° 5 des Repères du
thème 1 : « Nos héritages ancestraux). Ce
but est cependant atteint dans la diversité et
c’est ce que les Drs Dassonville, pédiatres, vont nous
décrire ; on pourra lire cette observation dans les
« pratiques » destinées à
l’éducation de la position dans l’espace :
postures, communication gestuelle en lien avec les perceptions de
l’audition et de la vision (Cf. Cahier I-2 Prendre
position).
Le mouvement, la marche et l’exploration de l’espace sont
mis en mémoire à long terme depuis des millénaires
et depuis notre enfance. Ils constituent le socle commun d’une
forme précise d’intelligence qui sera
précisée et mise à profit en divers contenus de
programme à venir. Il s’agit de
« l’intelligence schématique », bien
étudiée par le Pr J. L. Michel de
l’université de St Etienne C’est un des
moteurs de la pensée, dimension qui évoquée en I-
5.
Cette saisie des réalités est à la base des
connaissances : lire, calculer, mesurer, etc., si on est bien
préparé à repérer et nommer les
positions dans l’espace et à coordonner les yeux
avec les gestes de mains, de pieds, avec les 47 muscles du visage
et tout le corps. Chez les petits enfants, il existe pour cela des
périodes critiques signalées par des chercheurs
canadiens de l’Ontario : Doherty en 1997, M. McCain
et D. Mustard , in Brain early years study, 1999, p .
31. (Cf. UNICEF : http://www.unicef.fr). Elles se manifestent en
général aux âges suivants :
- Pour la vision binoculaire : dès la naissance
- pour les modalités habituelles de réaction, dès trois mois,
- pour le langage dès six mois,
- pour le contrôle émotionnel dès neuf mois,
- pour l’association symbolique dès quatorze mois,
- pour la socialisation vers trois ans,
- pour les groupes d’aptitudes cognitives vers quatre ans.
S’il paraît important de préparer la croissance des
petits, garçons et filles, par l’éducation et
l’exercice fréquent et varié de mouvements et
de perceptions bien coordonnés, c’est en raison
des effets négatifs de leurs carences
détectées sur l’apprentissage de la lecture, de
l’écriture et du calcul. Voici donc un
résumé des résultats de test signalés par
les travaux du Dr M. Zorman de l’académie de Grenoble,
Fr. (Rapport à lire p.3) :
« Les résultats du test de M. Frostig
pratiqué par cette équipe mentionne en ordre
croissant les troubles visuels prévalant pour les
enfants de 5 – 6 ans :
- convergence, hypermétropie, vision stéréoscopique, acuité visuelle : 5 à 9 %,
- constance de forme, discrimination visuelle, orientation spatiale, 20 à 25 %
- perception visuelle globale : 20 à 25 %,
suivi d’objet en mouvement : 30 % ,
coordination œil - main : 37 % et relation à l’espace : 44%… ! »
Les enfants des catégories socio –
professionnelles subissent des déficits que les auteurs de la
recherche attribuent au niveau de diplôme atteint par
les parents : un sur sept des cadres et enseignants, un sur trois des
enfants d’ouvriers, un sur quatre ou cinq des enfants de
professions intermédiaires. On n’a pas trouvé
de corrélations, pour ce qui concerne les troubles organiques
précis entre les enfants des divers milieux (op. cit. p.4).
Il s’agirait alors de parcours successifs et
d’accès aux niveaux de classes du système et
cela dès le cycle 1. Pour aller plus loin et
bénéficier de ces recherches, consulter le site du
laboratoire grenoblois de COGNISCIENCES.
Vous pourrez alors programmer vos séances d’entraînement visuel (EV) (http://www.cognisciences.com/article.php3?id_article=36).
* On voit où doivent porter nos efforts : il s’agit
d’une acquisition et d’un entraînement de
capacités pourtant organiquement communes qui,
actuellement, servent la promotion d’une fraction d’enfants
et non celle des masses qui sont obligées à une
scolarisation de type uniforme.
Les modestes pratiques appliquées, empiriquement et
intuitivement, à l’enseignement de l’anglais en
collèges et lycées, celles des colonies de vacances et du
soutien scolaire m’avaient convaincue de
l’efficacité de ces méthodes de
préparation ou de compensation pour obtenir des acquis
solides. Cependant je n’aurais pas su les justifier par
moi-même et je suis reconnaissante à des chercheurs
d’avoir pu tirer ensuite des applications
avérées de leurs travaux. Je le suis d’autant
plus qu’elles correspondent simplement à des orientations
de la circulaire de rentrée 2006 –2007. On
peut, d’ailleurs, les mener facilement à
partir d’espaces familiers, de paysages connus ou même
d’illustrations de manuels scolaires ou encore de
dépliants touristiques ou autres, gratuits,
périmés ou non.
D’après les mêmes expériences,
empiriques et intuitives, je me permets d’ajouter que les
thèmes riches en symboles, et ceci dans bien des
cultures, sont les plus porteurs de vocabulaires et
d’intérêts personnels faciles à enrichir par
la mise en commun en classes de petits (et bien au-delà). Il en
va de même pour l’enseignement du Français et
d’autres langues dites « langues 2 »
! Ces apprentissages s’enracinent alors nettement ou
se consolident dans nos trois formes de mémoire.
Citons, pour les visiteurs du site GH et bien sommairement, les
mots – clés qui font accéder à des
thèmes inépuisables pour les compétences
verbales comme pour la lecture, le calcul et
l’écriture :
1 - La classe, son sol, ses murs, fenêtres, portes, couloirs, cour, cantine ; ses personnes, l’école.
2 - La maison, le toit, les pièces où on vit, ce qu'on y fait , la famille, les voisins.
3- Le quartier, les gens qui y vivent et travaillent, les lieux qu'on repère et où on va, ce qu'on y fait.
4 - Les chemins des espaces : ceux qu'on connaît et ceux
qui mènent ailleurs. Les chemins de ceux qui viennent de loin et
souhaitent vivre avec nous.
5- Les espaces publics ou privés. La place, la mairie,
l’église, le cimetière. Les immeubles, jardins,
magasins, gare, etc.
6 - Les rivières, les ponts, les bois, etc.
7 – Les espaces intérieurs et symboliques (La
pensée symbolique caractérise cet âge
dès 3 ans).
Le thème de l’espace est vraiment riche et ouvert à
la découverte de ce qui fait notre contexte et aux autres.
Chacun d’entre nous peut utiliser un aspect de l’espace
familier à la classe présente. On peut exploiter celui
qu’on choisit sous toutes les formes d’activités
habituelles et en cohérence avec le sens des
apprentissages (langues, calcul, écriture, puis
géographie, histoire, sciences, techniques etc.) et des
disciplines de programmes successifs et renouvelables. Ce projet
sera suivi par le Cahier N° 6 du thème :
« Vivre le temps de la Petite enfance ;
bien vivre nos diversités ».
2 - Connaître nos programmes
* Cela fait partie de notre profession ! Il est nécessaire
de les étudier dans leurs orientations constantes comme dans
leurs renouvellements car cela concerne nos structures communes et
l’évolution de nos sociétés,
évolution qui appelle un adaptation souple et
réfléchie. Voir (Cf.http://www.education.gouv.fr) et la brochure "Qu'apprend - on à l'école
maternelle ? ", CNDP, 2004, 191 pages. Voir en particulier : le
langage, p. 7-9 et 16-21, la civilité, p. 10 - 19 ; la
culture, p.11-12 et 21 ; les objectifs et chemins p. 13 ; l'espace et
le temps, p. 52. Les domaines de connaissances : p. 55-76.
Consulter aussi les I.O. plus récentes pour la rentrée
2006-2007
Remarque : On sait que seul l'âge dentaire des
élèves correspond à celui que le
système a fixé pour l'accès en telle et telle
classe (Cf. Pr M. Sempé. http://www.auxologie.com/croissance/index.php). Mais les
études statistiques des effectifs, comme celles des
évaluations de résultats, nous montrent que la
diversité de maturation des capacités et des
comportements pourraient bien expliquer une partie des
écarts entre élèves à l'intérieur de
telle ou telle classe, et ceci dès le cycle 1.
L'hétérogénéité des approches de la
connaissance aussi. Il y a donc des solutions à trouver pour
accompagner cette diversité. Nous en présentons des
possibilités au fil des parcours…
* Mais si « Tout est dans
l’exécution », c’est bien au niveau du
terrain que les adaptations vont se réaliser sans bousculade,
mais de façon réfléchie et progressive autant que
féconde. D’abord parce que, loin de nous laisser aller
à l’anxiété et à une culpabilisation
erronée, nous savons qu’ensemble, à chaque niveau
de classe, d’école ou de région, nous pouvons
renouveler et construire l’avenir de garçons et de
filles dès « la petite
école ». Et voici des textes officiels :
Préparation de la rentrée 2006
CIRCULAIRE N°2006-051 DU 27-3-2006 Texte adressé aux
rectrices et recteurs d’académie ; aux inspectrices et
inspecteurs d’académie, directrices et directeurs des
services départementaux de l’éducation nationale .
« OBJECTIFS »
« Promouvoir l’égalité des chances et
améliorer les conditions de la réussite scolaire pour une
meilleure insertion sociale et professionnelle des jeunes sont les deux
priorités pour la rentrée 2006. Elles se traduisent par
un ensemble d’orientations conformes à la loi
d’orientation et de programme pour l’avenir de
l’école qui a commencé à entrer en vigueur
à la rentrée 2005 et s’appliquera pleinement
à la rentrée 2006 puis 2007.
Il s’agit notamment de la maîtrise de la lecture à
l’école, des conséquences de la définition
du socle commun de connaissances et de compétences, de la
rénovation de l’enseignement des langues vivantes
étrangères de l’école au lycée, de la
relance de l’éducation prioritaire dans les écoles
et les collèges, du développement de
l’apprentissage comme voie de formation dans notre enseignement
professionnel, de la concrétisation du droit à la
scolarisation pour les élèves handicapés, de la
continuité de l’enseignement grâce au nouveau
dispositif favorisant le remplacement de courte durée et de la
révision des modalités de la formation initiale des
enseignants » .
Voir également : Les Décrets,
arrêtés, circulaires Textes généraux.
Ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement
supérieur et de la recherche. Décret n°
2006-830 du 11 juillet 2006 relatif au socle commun de connaissances et
de compétences et modifiant le code de l'éducation BO
n° 160 du 12 juillet 2006 page 10396, texte n° 10, dont voici
un extrait :
… « La présente circulaire porte
plus particulièrement sur les actions prioritaires et sur les
mesures nouvelles.
- À l’école primaire, apprendre à lire
et maîtriser les apprentissages fondamentaux. Dès le
premier degré, l’école doit permettre à
chaque élève d’acquérir les connaissances et
les compétences du socle commun. Tous les maîtres et
toutes les structures de formation et d’encadrement doivent se
mobiliser autour de cette obligation fondamentale. À la
rentrée scolaire 2006, un effort particulier sera fait pour
mieux coordonner les enseignements dispensés à
l’école maternelle avec ceux de l’école
élémentaire.
- À l’école maternelle l’enfant est conduit,
dès son plus jeune âge, à observer et utiliser la
langue de manière de plus en plus consciente. Sur cette base, il
construit progressivement son apprentissage de la lecture et de
l’écriture. On veillera donc à fixer explicitement
les objectifs et à rendre ainsi perceptible la progression des
acquisitions de chaque élève. Le document
d’accompagnement pour l’école maternelle “Le
langage au cœur des apprentissages” servira d’appui
aux enseignants». Pour notre part,
l’éducation de la parole et de la lecture fera en
grande partie l’objet de l’envoi: « Vivre dans
le temps par l’écoute et la parole » (I- 6).
Il s’agit notamment de la maîtrise de la lecture à
l’école, des conséquences de la définition
du socle commun de connaissances et de compétences, de la
rénovation de l’enseignement des langues vivantes
étrangères de l’école au lycée, de la
relance de l’éducation prioritaire dans les écoles
et les collèges, du développement de
l’apprentissage comme voie de formation dans notre enseignement
professionnel, de la concrétisation du droit à la
scolarisation pour les élèves handicapés, de la
continuité de l’enseignement grâce au nouveau
dispositif favorisant le remplacement de courte durée et de la
révision des modalités de la formation initiale des
enseignants » .
Disons, pour conclure, qu’à la rentrée
scolaire 2006, un effort particulier sera fait pour mieux coordonner
les enseignements dispensés à l’école
maternelle avec ceux de l’école élémentaire.
Mais le fond de tout cela en des temps incertains, c’est
une vraie éducation de notre humanité.
3 - Education des mouvements
A l’étape de la petite enfance, dans tout espace, ce
qui a été présenté, visité,
nommé et reconnu, est devenu familier (Cf.
L’expérience relatée dans le texte « Une
demi-journée en moyenne section »). Ce milieu
prolonge l’expérience familiale des petits, assez
librement mais pas sans règles et pas sans limites. Il
nous faut reconduire cette expérience de
l’espace et l’élargir.
Comment le faire avec les petits du cycle 1 ?
D’abord par une organisation judicieuse de
liberté dans l’horaire pour permettre des
mouvements et dé placements au cours de la journée,
en dehors de la demi-heure réglementaire d’exercice
physique.
Exemples de mouvements à savoir bien faire :
Frapper à la porte, fermer ou bien ouvrir doucement une porte,
bouger : avancer à petits pas, tourner,
s’arrêter, reculer, s’orienter, etc. S’asseoir,
se lever, s’appuyer, se tenir bien droit, lever les mains, les
yeux, la tête, etc. Mimer des attitudes d’arrivée,
de départ, etc.
Battre des mains, saluer de la main, serrer la main, envoyer un
baiser ; gestes familiers : se laver les mains, se brosser
les dents, les cheveux, essuyer la vaisselle ; pétrir de la
glaise ou de la pâte à modeler, utiliser tricycle et
trottinette, etc.
Ecouter des fragments courts de musique rythmée : marches,
ritournelles et y revenir pour cultiver les mémoires à
court terme, faire des gestes, faire des rondes, danser. Chanter
surtout !
Utiliser pour cela tout ce dont vous avez chaque jour
l’habitude ! Cela peut servir à l’acquisition
par association avec des nombres (1, 2, 3, puis 4, les doigts de
la main, puis 6-10), des lettres (a, e, i ,o, u), des
prépositions et des adverbes de lieu, des mots
invariables, de verbes de mouvement. On a intérêt à
s’en faire de petits répertoires ou listes.
Les déplacements autonomes ou organisés selon les
activités de la classe qui exercent en souplesse la
mobilité précieuse des petits et l’aisance de
leurs corps. Les jeux de postures et de gestes, des mimes, en
petits groupes, à deux ou seuls, mais, sauf en cas de
fête bien menée, pas sous forme de spectacle :
cela flatte les uns et abaisse les maladroits ! Mais des
activités toutes simples, bien prévues et menées
dans un climat de confiance, donnent la joie d’être vrai,
dilatent les petits et les aident à être bien dans leurs
corps.( http://www.lecerveau.mcgill.ca/).
Autres adresses : mots – clés sur la
toile : motricité, jeux, motricité des enfants, jeux
et motricité etc. documentation très riche :
sélection à faire et préférer ce qui est le
plus près de la vie toute simple, et…le moins
coûteux !
Equipes de recherche :
INSERM Unité 534 - Lyon
Equipe A : Motricité du regard et coordination oeil-tête
Responsable : Denis Pélisson
Tél: 04 72 91 34 17 - Fax: 04 72 91 34 01- pelisson@lyon.inserm.fr
Equipe B : Motricité oculaire et contrôle de l'action
Responsable : Claude Prablanc
Tél: 04 72 91 34 11 - Fax: 04 72 91 34 01 - prablanc@lyon.inserm.fr
Equipe C : Organisations sensori-motrice et cognitive de l'action
Responsable : Yves Rossetti
Tél. : 04 72 91 34 16 - Fax : 04 72 91 34 01 - rossetti@lyon.inserm.fr
C’est là l’apprentissage d’un
« Langage silencieux », culture de base selon
E.T. Hall (ou lien en anglais) (Ed. du Seuil, « Points », 1984). Cette
maîtrise du corps en mouvement et du sens de ce qu’on fait,
gagne tout de même à se communiquer par la parole. Celle -
ci est un caractère humain commun en tout langage local et nous
y reviendrons à ce double titre au fil des étapes de la
croissance.
Toutefois l’essentiel à préparer, c’est
d’éviter la confusion d’esprit, de percevoir les
ensembles, d’en discerner les éléments, de les
énoncer : la parole est fondée sur ces
différentes qualités d’acquis ; il nous faut
donc prévoir des temps d’observation d’images pour
assurer : l’acuité des perceptions, visuelles et
auditives, puis vocales, et discerner des formes constantes et
distinctes de lettres, de mots, de chiffres, quel que soit
l’ensemble ou le un fond d’espace (voir cahier I
– 2) le suivi du mouvement de ces formes, leur distinction, leur
signification et leur tracé gestuel il est utile
d’en faire ensemble du bras ou de la main dont on se sert pour
écrire O, U, I, m, n, par exemple. (N.B. Attention :
il faut alors se mettre non pas face à eux mais en
position parallèle à celle des élèves pour
faciliter l’imitation de la latéralisation).
On peut s’entraîner à repérer
l’orientation de formes vues sur des affiches, des panneaux de
circulation familiers, des perceptions de sons, ou de surfaces,
touchées par les mains, les pieds, la peau, senties
ou encore par l’odorat et le goût.
Cela donne à penser et agir mieux en classe quelque soit le
thème choisi. Dans tant d’écoles on trouve de plus
en plus de « matériels». Mais…ce
qui motive et fait grandir les enfants, c’est trouver
des usages pour se développer, explorer, comprendre,
utiliser, modifier, créer !
Il est clair que l’image intérieure de
l’espace où on se trouve est motrice de nos actes. Mais
qui dit image, dit perception. Or des études récentes
convergent pour évaluer entre 20 et 30 % des
élèves arrivés en première classe
primaire sans avoir cultivé leurs capacités de
perception, capacités nécessaires à la lecture et
aux besoins actuels de communication et d’emploi ! Les
études menées par l’organisation mondiale de
la santé, - OMS, 1992, fiches 80 et 81- , montrent que les
troubles de développement et de comportement sont souvent
dus à des carences de perception puis d’usage de gestes et
de paroles. Elles vont dans le même sens que les carences
observées par Zorman et Frostig citées plus
haut…Il s’agit de les pallier pour
apprendre…à lire, par exemple, et bien
d’autres choses à découvrir ou faire par
soi-même..
4 - Tenir compte de la mémoire à long terme
« Je les entends encore …» ;
« Je le reverrai toujours et pourtant j’ai 87
ans… » ; « J’avais quatre ou
cinq ans: c’était le première fois que je
voyais la mer et c’était si beau que j’en
étais émue, de joie je crois. » ;
« Le dernier sourire de maman, il m’a soutenu pendant
mes longues années de
captivité »… , « Quand
mon « instit » m’a dit :
« c’est bien ton travail » et qu’il
m’a serré la main, j’avais sept ans ;
ça m’a donné du courage pour longtemps ».
Quand on entend cela en famille ou en maison de retraite, on
comprend qu’il importe de tenir compte des suites de notre
mémoire à long terme. Les chercheurs la connaissent dans
ses circuits (saisie sensorielle, passage dans telle ou telle aire
(durée : 1 sec. + 1 minute), codage, association, stockage,
puis appel, reconstruction, retour, activation et procédures. On
connaît aussi les éléments chimiques et
organiques qui jouent tout au long du circuit.
Si on écoute ceux qui veulent bien évoquer ces souvenirs,
on constate que ceux- ci sont liés à un contexte plein de
sens pour celui qui veut bien les partager, distincts, forts et nets
qu’il s’agisse de visages, de lieux, d’images,
d’épisodes vécus ou frappants.
Ce que nous ne savons pas, c’est la raison de ces
souvenirs : un moment particulier ? Une circonstance de joie
ou d’anxiété ? Un désir ? Le lien
avec d’autres éléments ? Une présence
associée ou évitée ? Les suites de ce
vécu bienfaisant ou douloureux ? ? ? Il nous faut
y penser.
Tout cela est probablement sous - jacent aux malaises
évoqués par le rapport de l’INSERM
cité par Mme Baratier dans cet envoi. Cela renvoie à
l’espace intérieur, voire intime, de chacun ;
cela demande respect, discrétion, tact. Si le milieu de la
classe est vrai et pondéré, on peut en
espérer confiance et dépassements utiles ; en cas de
meurtrissures secrètes, qui existent hélas, il faut viser
à l’oubli, aux projets, à la détente et
aider paisiblement à favoriser des avancées sur divers
plans.
Ce que nous pouvons tout de même faire, c’est de
comprendre et de transmettre l’importance ou les valeurs
des sens, de la mémoire et de la parole dans chacune de
nos vies et dans l’émergence de l’espèce
humaine. C’est l’objet du Cahier
N° 2 (Prendre position dans l’espace, système
sensori-moteur, mémoire à court terme ;
parole ; préparation à la lecture).
REPERES
I R 1 : Mémoire de l'expérience personnelle de l’espace
et ancestrale de l'espèce
1 - L'espace, c'est d'abord ce dont le fœtus fait
l'expérience : un appui aqueux pour des membranes ou parois de
plus en plus étendues. Chacune des vies
humaines se développe d'abord dans l'espace organique et
relationnel ou social d'une cellule (petite chambre ou enclos, par
étymologie latine) et de sa structure,
données par une maman (l'ovule) et un papa (le sperme). Son
être grandit entre eux, dans leur couple puis dans
une maison, et, pour les temps actuels, dans une école, une
classe, une localité, un pays, un continent, une planète.
Dans ce milieu premier, il puise ce dont il a besoin : espace et
sécurité, déploiement et bien - être,
vibrations tactiles, auditives, musculaires, alimentation,
développement et maturité d'une vie distincte. En
neuf mois il se prépare à émerger dans l'existence
distincte du monde extérieur.
Après la naissance, tout bébé repose sur une
surface de berceau et de contact avec le volume et l'odeur du corps de
la maman et du papa ; il entend les intonations et les sons de leurs
voix. Il grandit par l'espace qu'il partage avec ses proches sur un
stock d'expériences de toucher, d'olfaction et d'audition
associées et mises en mémoire.
En termes d'étude physiologique, on dit que son système
sensori-moteur s'est élaboré avec des fonctions qui
retentissent en circularité ou « boucles »
(loops) sur l'ensemble humain de nos systèmes corporels et
cérébraux d’abord. Son socle humain est fait de
tous ces souvenirs personnels mais en amont il repose sur des
acquis ancestraux : ceux des vivants dont il fait partie
d’une façon spécifique et singulière :
celle de l’humanité.
2 - Tous les petits des espèces vivantes ont fait ce parcours
selon le programme de leur espèce. Mais alors quelles
compétences ont déjà acquis les petits
primates ? Les petits chimpanzés par exemple, sont capables
très rapidement après la naissance de se mouvoir et d'en
développer les capacités manifestes. Les
spécialistes du comportement habituel (éthologie)
reconnaissent à tous les petits primates des capacités
d'apprentissage qui engendrent des savoir-faire. Ils savent
acquérir et mettre en mémoire des
compétences et prendre des habitudes de vie
animée. (Voir le chapitre 2 de l’ouvrage mis en ligne pour
le site sous le titre « Des ressources pour
l’éducation ».
Comment ces petits ont - ils acquis ces capacités ? Les
spécialistes (Grassé, Napier, Allison Jolly (U.K.), et de
l'autrichien I. Eibl-Eibesfeld et autres) nous répondent
que cela se transmet par connaturalité parentale, due aux
réalités de l’interfécondité propre
à l’espèce, et par mimétisme de groupe. Ils
peuvent ainsi acquérir par expérience individuelle et
sociale des concepts implicites : concepts d'objets, d'espaces et de
distances ; concepts de catégories, concepts de choix et
d'ajustement par essais/erreurs; concepts d’orientation
d'itinéraires. Comment faire un usage optimum de ces
capacités et les faire servir à
l’humanité ?
Nous avons des traces préhistoriques des
conséquences d'une transformation progressive, ou de
mutations (?), de vivants très singuliers qu'on situe
dès 6 ou 7 millions d'années avant notre ère. On
parle de « sauts qualitatifs »…mais c'est
bien plus tard qu'apparaissent des indices d'une première forme
de culture humaine : celle des hommes et des femmes, dits
« préhistoriques », pendant de
très longues périodes et dans des espaces très
divers.
Une espèce particulière de vivants ,- celle des
êtres humains -, se manifeste en effet par des outils, des
habitats, des signes, des symboles, donc par l'usage d'une
pensée multiforme: intuitive, raisonnée, analogique,
symbolique, pragmatique puis technique . Comment accomplir
actuellement notre commune singularité ?
C’est un problème à bien se poser pour
retrouver ces héritages et le résoudre
judicieusement afin de vivre et survivre.
Cette spécificité humaine comporte "un donné et un
construit à ne pas confondre", disait J.P. Changeux, en
1983, dans le dernier chapitre de "L'homme neuronal". Leur issue conjointe se construit au fil du temps
et de la croissance. Les thèmes qui suivent en reparleront pour
y réfléchir, utiliser et dépasser ces potentiels afin d’aller dans
le sens d'une juste base commune de l’humanisation dans un
contexte nouveau. Pour s'accomplir de façon
adéquate, on peut partir de son observation, de son bon -
sens ou de ses traditions culturelles. La famille, les ascendants, les
personnes rencontrées, le milieu local et/ou professionnel
peuvent fournir des éléments externes à la
croissance de l'organisation interne des représentations de
chacun. C’est le fil conducteur et cohérent d’une
institution dont nous assumons notre part de
présence et d’éducation.
4 - Eduquer les mouvements et les perceptions
d’informations
spatiales, visuelles ou
autres, c’est donc préparer à la
lecture et à diverses compétences.
La membrane première qui nous permet d’exister entre ciel
et terre est bien celle de notre corps. Celle qui y est
intérieurement constituée et constituante est notre
cerveau ; il contient un « système
sensoriel » : audition, toucher, olfaction, goût,
vision, relié étroitement au « système
moteur » tout proche au centre de notre cerveau et à des
« aires » visuelles, auditives et vocales
situées un peu plus bas.(Cf. http://www.lecerveau.mcgill.ca/).
Il est entièrement interconnecté et à notre
unité cérébrale et corporelle donc à notre
existence en tel ou tel « milieu ambiant ».
W. Penfield, pour les correspondances corps-cerveau-corps et les
interconnexions sensorielles qu’il mit en
lumière entre 1940 et 1955, puis J. R. Duhamel et Angela
Sirigu pour les assemblages des informations motrices et
sensorielles, ont récemment mis en valeur les
interelations de cet ensemble et leurs capacités de
communication (http://www.isc.cnrs.fr ; voir au sommaire
« Equipes de recherche ») . Nous avons dans
notre écorce cérébrale comme un tableau de
bord pour gérer nos mouvements, disait Penfield ; il faut
le savoir et ainsi apprendre à commander nous - mêmes.
notre corps (Voir Cahier N° 2)
« Quelques mois plus tard tout le monde est debout. Des
voies différentes ont été choisies. ...C'est une
leçon pour l'avenir.
« Imaginez une classe d'apprentissage de la
marche. L'hétérogénéité de la
classe découragerait l'enseignant. Le seul service qu'il
puisse rendre est d'encourager l'action, d'éviter de
donner comme modèle le choix du voisin. La solution doit
être la découverte de l'intéressé le
retour à la norme est inscrit dans la
génétique.
« Dans la seconde enfance, l'absence de synchronisme entre
les maturations neuromusculaires est responsable d'anomalies trophiques
alarmant les anxieux : pieds plats, genu valgum, scoliose sur
inégalités des membres inférieurs. Quelques
années plus tard la correction de tous ces ennuis est manifeste,
beaucoup plus par la maturation naturelle que par les semelles
orthopédiques, les prothèses de maintien
appliquées en nocturne, ou les interdictions de telle ou telle
activité sportive. "
« L'aptitude à l'abstraction est intéressante
à explorer. Dématérialiser le doigt par rapport au
chiffre qu'il indique est un bon test de l'aptitude à
l'abstraction. Autour de l'âge de 3-4 ans, le concept de
soustraction, d'addition peut être acquis. Le marmot sait fort
bien combien il reste de "dodos" ( c'est-à-dire de nuits)
à passer chez grand'mère quand il
séjourne chez ses grands parents.
" Un peu plus tard, dans la seconde enfance, l'intérêt
pour l'altérité est lié au jeu. Un esprit de
compétition s'installe. il doit être respecté. Le
propre de l'homme est le dépassement. Etre le plus fort. Le
pédagogue doit rechercher chez celui qui gagne le
caractère profonde de sa motivation à viser la
première place. Satisfaction narcissique ? impérialiste ?
Pour tempérer le narcissisme ou la frustration du perdant ? Le
beau geste des protagonistes après le match en escrime,
judo, tennis en dit long sur le caractère de chacun. D'autres
"enfants éviteront la compétition ;
l'altérité naîtra d'intérêt pris dans
la lecture, le bricolage, les collections, le vélo, la natation.
« A la puberté, l'altérité
dirigée vers l'autre sexe se manifestera, comme nous l'apprend
S. Freud, par un rejet absolu intervenant alors comme moyen de
défense... Pour quelque temps seulement... C'est le moment des
amitiés fortes entre garçons ou entre filles autour des
idées, des théories religieuses, politiques,
scientifiques qui détermineront parfois des engagements et
seront les moteurs de l'orientation ultérieure de ces
personnalités. C'est bien sûr une période de
fragilité psychologique puisque chacun se découvre
à lui-même aux moments où examens et concours
demandent acharnement et persévérance. "
(Drs B. et F. DASSONVILLE, 1997)
On le voit : la position de ces médecins est de constater
à la fois des différences de modalités et de
maturation dans les capacités naturelles et d'observer que c'est
ainsi que le schéma commun à l'espèce dans la
vision, la marche ou l’usage des mains, parvient à
se structurer. On l'a compris : il s'agit de capacités
neurophysiologiques que les auteurs, d'ailleurs, relient à la
génétique. Ces praticiens prolongent leur
observation en s'intéressant aux manifestations de l'abstraction
et de l'altérité au cours de la seconde enfance.
Là s'arrête le témoignage de ces médecins.
Nous leur sommes reconnaissante de l'avoir donné pour deux
raisons. Les rapprochements,
concertations, et échanges de savoirs entre les membres des
corps médical et enseignants sont rares, et c'est dommage.
Puissent leurs réponses convergentes aux besoins de grandir
inciter à une imitation par contagion, cela au
bénéfice des enfants ! Si vous avez des
expériences à partager et des questions à nous
envoyer, nous tenterons d’y répondre ensemble !
De plus, dans sa simplicité, ce texte sous-entend plusieurs
facteurs de maturation : ceux de la croissance, même si elle
paraît intermittente à nos yeux, ceux des
capacités de l'intellect
(« soustraire »), ceux de la manifestation
de modalités singulières d'enfants en tant que sujets,
(préférence pour la verticalité ,la progression,
la facilité, etc. Car nous reviendrons souvent sur les
difficultés et les richesses des diversités dans nos
groupes.
Et maintenant à nous de bénéficier de ces
observations car des recherches récentes nous montrent que les
malaises dont nous souffrons actuellement dans tout appareil de
scolarisation ne sont pas inéluctables. Tout au long de nos
vies, une gestion positive de notre socle commun et de nos
différences peut améliorer ou parfois corriger ce
qu’une vision rigide ne peut même envisager.
A. Jacquemart
14.11.2006
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Cahier N° 1 VIVRE NOTRE
SITUATION
ESPACE, CHEMINS DE VIE et de MOUVEMENT
TEXTE 1 : Une demi-journée en moyenne
section
PRATIQUES : 1 -1 Apprendre à vivre dans
l’espace
REPERES : 1 -1 Mémoire de
l'expérience de
l'espace
Cahier N° 2 : PRENDRE POSITION
ESPACE : SENS, MEMOIRE, PAROLE
TEXTE 2 Croissance commune. Apprentissages différents.
Drs B. et F.Dassonville
REPERES 1 – 2 Système sensoriel & moteur, mémoire, parole
PRATIQUES 1 – 2 Applications et activités
Cahier N° 3 RELATIONS :
ESPACE, CHOSES, PERSONNES, A SOI.
TEXTE 3 : Distanciation et identification ( J.L. Michel)
PRATIQUES.- REPERES
Cahier N° 4 Des
Capacités aux comportements. Prises de conscience
Cahier N° 5 Les dimensions de la vie et les formes de conscience
Cahier N° 6 Vivre le temps de la petite en fance
Cahier N° 7 Bibliographie et références sur internet
A venir en 2008,
THEME II (1 & 2 ).Enfance, THEME III (1 &
2)Adolescence (1 & 2 ).
Quelques
bonnes ressources en sciences cognitives
Quelques
bonnes ressources en sciences sociales
Nos liens
en sciences de
l'éducation dans leurs relations avec les sciences
cognitives et avec les sciences de l'homme et de la
société
Les archives EDU-TICE,
plus d'un millier d'articles de recherche en sciences de
l'éducation, en archives ouvertes
voir sur L'espace
voir
sur Le
temps
LA PAROLE EST AUX ENSEIGNANTS ET AUX CHERCHEURS
Aux ELEVES ET aux PARENTS.
Ces pages ont pour objet de présenter quelques
éléments de procédés, toujours à
actualiser, qui ont servi à mieux comprendre ce que nous faisons
en classe, à partir d'expériences personnelles et non
normatives. Nous aimerions connaître : Vos
expériences semblables ou différentes en précisant
le niveau de classe
Que se sachent utiles tous ceux qui continueront à les
consulter, les discuter et les améliorer ! Les
collègues et chacun de ceux qui les liront
rendraient un grand service aux enfants et jeunes comme aux
instituteurs et professeurs, en y participant
par prise de contact par courriel ou poste :
Adresse : GRANDIR EN HUMANITE,
berger@isc.cnrs.fr ou anjacque@wanadoo.fr Merci !
lire aussi en français, de M. McCain
et D. Mustard
http://www.isuma.net/v01n02/mustard/mustard_f.pdf
voir le schéma commenté en français de
l'homonculus de Penfield
et l'article anglais de wikipedia
REPERES ET APPLICATIONS PREMIERES
1 – A quoi sert notre équipement sensoriel et moteur
2 – Que sont nos mémoires ?
3 – Parler à cet âge, qu’est-ce que cela veut dire ?
PRATIQUES
1 – Apprendre à distinguer et à utiliser ce qu’on perçoit globalement.
2 – Bien traiter et mettre en mémoire ce qu’on saisit
3 – Ecouter, acquérir son vocabulaire et savoir dire, se dire, répondre.
Contacts et échanges
d’expériences, d’observations :
1 - Quels problèmes rencontrez-vous dans les petites classes ?
2 - Quelles questions souhaitez – vous discuter avec d’autres ?
3 - Vous parait-il intéressant de faire un dossier sur tel ou
tel aspect de nos tâches ? Sur quels points ?
Contacts : berger@isc.cnrs.fr ou anjacque@wanadoo.fr
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